Friday, February 4, 2011

L’Après Ben Ali......!



Certains n’arrêtent pas de nous prévenir et nous mettre en garde que la révolution n’est pas encore finie et je les comprends, je suis d’accord avec eux mais pas pour les mêmes raisons. Pour moi c’est le début de la révolution, ce qui est fini c’est l’ère de l’oppression, la corruption, l’humiliation et la perte de dignité du tunisien. Ce qui est fini c’est Ben Ali, Bourguiba et le colonialisme.

C’est le début de la révolution car beaucoup reste à faire. Une des caractéristique de cette révolution qui la rend unique est qu’elle est une révolution du peuple pour le peuple sans aucun leadership, aucun et tout ceux qui vous diront le contraire ont tort. Cette révolution est 100% populaire et ses héros sont des personnes qu’on ne connaissait point avant qu’elles donnent leur vie pour que la Tunisie soit libre. A défaut de leader, le peuple s’est uni contre un ennemi commun en la personne du président déchu et sa famille qui ont pendant 23 ans géré le pays d’un poing de fer ne reculant devant rien pour rester au pouvoir et s’enrichir sur le dos d’un peuple qu’ils ont tout fait pour qu’il reste sans voix et sans représentants ni juges ou avocat pour le défendre. C’est cet ennemi qui nous a unis dans cette révolution!

Maintenant qu’on s’est débarrassé de cet ennemi, le vrai travail commence et la vraie revolution commence et je ne sais pas si on est prêt pour cette revolution. Je parle de la revolution contre tout les reflexes qu’on a appris et dont on est né avec vu qu’aucun Tunisien vivant n’a connu une Tunisie libre, aucun !

Comment on va apprendre à être libre, responsable, ne pas succomber au seul système qu’on connait et qui est basé sur l’autocensure, le favoritisme, le régionalisme, les pots de vins et le manque de confiance dans le système exécutif, législatif et judiciaire et surtout la mauvaise habitude qui nous a été inculqué pendants des générations a vénérer et craindre les gens au pouvoir ?

Cette mauvaise habitude dans nos gènes, on la voit tout les jours a travers les medias, les discussions des gens, les blogs, les tweets..etc Sans s’en rendre compte tout le monde cherche a trouver le ministre ou le leader et a le juger s’il est LA personne a vénérer. Pourquoi ? bah comme ca on le met au pouvoir et on revient a notre vie normal, et ce gouvernement va prendre soin de nous. Mes chers compatriotes, ce n’est pas comme ca que ca marche dans une démocratie. Et c’est pour ca que la révolution doit continuer, et on ne redeviendra jamais ce qu’on était sinon on tombe dans le même piège.

Les gens dans une démocratie votent pour un système politique, économique et social représenté par des partis politiques qui font des promesses à travers des programmes et agendas. Au fait, ils nous vendent des idées pour qu’on ait une vie meilleure. Ces personnes une fois en place, le travail du peuple commence a travers la société civile et l’opposition politique et surtout le peuple lui-même qui les a recrute pour faire un boulot donné comme n’importe quel employé dans une société. Cet employé a un objectif a atteindre et doit tout faire pour l’accomplir et il assume sa responsabilité s’il échoue ou commet des fautes professionnelles, en plus d’une presse libre qui le critique et met en avant ses fautes, et une société civile qui fait autant, il trouvera des milliers de personnes dans la rue appelant a son départ et c’est cela notre responsabilité et c’est pour ça que notre révolution doit continuer mais aussi sans tomber dans l’excès.

Donc le travail pour le citoyen tunisien vient de commencer, mais est ce qu’on est prêt pour cette nouvelle vie et cette nouvelle responsabilité ? Est-ce qu’on est prêt a s’impliquer dans la vie politique, sociale et économique et se libérer des démons de la peur et l’attente qu’on prenne soin de nous sans qu’on fasse rien jusqu'à ce qu’on explose encore une autre fois dans 50 ou 60 ans ? On n’a pas de choix, pour les générations actuelles, il faut se forcer et prendre le temps de s’auto-éduquer et accepter cette responsabilité et faire le boulot pour que quiconque est mis au pouvoir sait qu’il ne peut pas faire ce qu’il veut mais qu’il doit délivrer sur ses promesses et qu’a la moindre faute il nous trouvera devant lui pointant le doigt. Il faut que les parlementaires pensent de la même façon. I faut que les juges soient élus et les chefs de polices et gouverneurs aussi pour que leur loyauté soit que pour leur employeur, le peuple.

Mais il faut que le peuple se libère vraiment, qu’on apprenne a nos enfants qu’ils doivent s’exprimer et choisir et les préparer à devenir citoyen et exercer sa citoyenneté. Que les parents respectent leurs enfants et les laisse s’exprimer, que les instituteurs à l’école font de même. Une fois la liberté et le refus de l’injustice revient dans nos gènes, on pourra dire que la révolution est finie car on ne laissera pas un parent nous abuser, un instituteur nous clouer le bec, un employeur nous maltraiter et surtout un élu nous utiliser pour s’enrichir et nous faire vivre sous sa botte. Et on est pas la encore, mes chers compatriotes, la révolution continue….

3 comments:

  1. "Cette mauvaise habitude dans nos gènes" oh non.. tu vas pas nous faire ton sarkozy ?? :)

    Sinon bravo pour le post ^^

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  2. Exellent a pubiler en arabe pour tout les citoyen

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  3. SAmi, oui tu as raison, tout est à déconstruire (les mauvais réflexes) et tout est à reconstruire.

    Comme tu le soulignes , il y a un danger à ce que les citoyens recherchent un leader charismatique, un homme providentiel, un père pour se rassurer car le chemin à tracer est fait d'incertitudes et d'inconnu.

    J'ajouterais qu'il y aussi le danger des déchirements et des interminables querelles qui pourraient faire perdre de vue l'essentiel. Il faut tenter de prospérer sur les acquis de cette révolution qui sont déjà palpables : la liberté et la dignité presque retrouvées.

    Mais il faut aussi se souvenir que les défis sont majeurs et que, de même que CArthage ne s'Est pas construite en un jour, la véritable respublica (au sens littéral de chose publique, qui appartient au peuple)tunisienne n'émergera pas dans le laps de temps nécessaire au gouvernement provisoire pour préparer les élections, ni même au lendemain de celles-ci.

    Je souhaite de tout mon coeur que mes amis,mes frères et soeurs tunisiens vivent enfin dans le contexte et le climat politique, économique et social qu'ils méritent. Je le souhaite aussi pour mon fils qui peut être un jour choisira le retour.

    Quel plaisir aussi de voir que le souffle de cette révolution a réveillé les âmes rebelles de bloggeurs qui s'étaient un peu assoupies.

    Aurélie (aka Algy ;))

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